Jésus, pendant sa vie sur terre, a mis l'accent sur deux grands axes : aimer le Seigneur et aimer son prochain. Ainsi, le premier commandement donné par Jésus dit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout cœur, de toute ton âme, de tout ton esprit et de toute ta force », et le deuxième dit : « Tu aimeras ton prochain comme toi-même. » « Il n'y a pas de commandement plus grand que celui-là », a-t-il ajouté (Marc 12, 29-31).
Le verbe « aimer », dans son acception religieuse, renvoie à un amour qui est celui dont Dieu est « fabriqué » (si on peut dire). Par conséquent, pour bien comprendre la phrase « aimer Dieu comme soi-même », il faut entendre « comme moi-même, lorsque je m'aime comme Dieu aime » et la phrase complète « Tu aimeras ton prochain comme toi-même » comme signifiant « Tu aimeras ton prochain, et tu t'aimeras toi-même comme Dieu aime ». La difficulté de compréhension vient de ce que, en français, c'est le même verbe « aimer » que l'on utilise pour parler des différentes choses et personnes que l'on apprécie. Ainsi, on dit aussi bien « Je t'aime » à l'élu(e) de son cœur, que « j'aime le café sans sucre ».
Les sept derniers commandements de Moïse concernent plus particulièrement ce second aspect des relations avec les autres : le respect des parents, de la vie humaine, des relations sexuelles, de la propriété d'autrui et enfin l'amour de la vérité.
Aujourd’hui, je vais vous parler du quatrième commandement qui est le suivant : « Tu honoreras ton père et ta mère ». Mais comme d’habitude, je vais d’abord commencer cette catéchèse par une petite histoire vraie, que l’on pourrait intituler « Le doigt ».
C'était en 1960, dans une petite ville de Bavière. Madame Müller était ce qu'on appelle en Allemagne « une veuve par divorce ». Abandonnée par son mari, qu'elle aimait beaucoup, elle était devenue amère, dure et très autoritaire avec ses trois filles. Couturière à domicile, elle devait travailler de longues journées pour joindre les deux bouts.
Et puis ce fut le drame. Un soir, sa fille aînée, Tina, qui tout juste 16 ans, vient dire à sa mère qu'elle est enceinte. La mère entre dans une rage folle, se met à hurler et à traiter sa fille de tous les noms. Le père de l'enfant était un camarade d'école du même âge que la fille.
Madame Müller dit à sa fille : « Pas question de garder cet enfant ici, j'ai déjà bien assez de charges. À peine né, on le donnera en adoption et on n'en parlera plus. »
L'enfant est né à la clinique. C'était un garçon en bonne santé auquel Tina donna le nom de Marc. Peu après la naissance, Madame Muller entra dans la chambre avec un visage sévère et en poussant un grand soupir. La sage-femme prit l'enfant qui suçait son pouce dans le berceau et le mit dans les bras de sa grand-mère. Celle-ci l'observa avec un front soucieux et le regard scrutateur d'un commissaire de police. Et voilà que tout à coup quelque chose s'est passé. De sa main minuscule, le petit a accroché le doigt de sa grand-mère et l'a serré de toutes ses petites forces. Les traits de Madame Müller se sont détendus et elle a souri à son petit-fils.
Quand la sage-femme a dit : « Alors vous voulez donner cet enfant en adoption ? », la grand-mère s'est indignée : « Qui est-ce qui parle d'adoption ? Pas question de le donner en adoption. Nous avons bien assez de place pour lui à la maison ! Et puis tôt ou tard, son jeune père épousera bien ma fille ».
C'est ce qui s'est passé. Quelques années plus tard, les gens demandaient à Marc en le voyant en compagnie de Tina : « C'est ta sœur ? », il répondait fièrement : « Non, c'est ma Maman ! »
Dieu, qui est Amour, était dans la pression de la main minuscule du nouveau-né sur le doigt de sa grand-mère. Ce petit geste du bébé a rendu la sérénité à cette femme amère, profondément blessée par le départ de son mari.
Le quatrième commandement, « Tu honoreras ton père et ta mère », rappelle à chacun qu'il faut témoigner du respect à ses parents, pas seulement quand on est enfant, mais aussi à l'âge adulte, car ce sont eux qui nous ont donné la vie. Les enfants doivent obéir à leurs parents et plus tard, une fois adultes, continuer à les respecter et à s'occuper d'eux tout au long de leur vieillesse.
En conséquence, ceux qui abandonnent leurs parents âgés, les maltraitent ou les négligent vont à l'encontre du quatrième commandement. Il en va de même des adolescents qui manquent de respect pour leurs parents. Ceux qui ont honte ou qui considèrent leurs parents comme une gêne vont également à l'encontre de ce commandement, autant que les enfants qui désobéissent ou ceux qui nourrissent des sentiments de haine ou de revanche à l'égard de leurs parents à qui ils reprochent de ne pas avoir été des parents idéaux. Même si ce fut le cas, le fait de les négliger ne fera qu'encourager le ressentiment, tandis que l'affection et l'attention peuvent opérer une évolution dans les relations et apporter l'apaisement.
Ce commandement vise à protéger la dignité et l'intégrité de la famille. Une famille se compose d'un père, d'une mère et de leurs enfants. Dans certaines familles, l'un des deux parents est absent, soit à la suite d'un décès ou d'une maladie qui éloigne durablement l'un des deux parents, soit parce que l'un des deux avait un comportement abusif ou délinquant, soit parce que les parents n'ont jamais été mariés ou se sont séparés. Ce commandement rappelle qu'il n'est pas bon de choisir délibérément de fonder une famille monoparentale. Cela peut arriver à cause de circonstances particulières mais ne devrait pas être choisi, voulu comme tel au départ, car cette situation fragilise l'équilibre de la famille et prive l'enfant de l'un de ses parents.
Ces parents isolés ont souvent conscience de cette situation, et font ce qu'ils peuvent pour y remédier car elle est difficile à vivre pour le ou les enfants et pour le parent restant. C'est pourquoi il est important de privilégier autant que possible l'intégrité de la famille et ne pas considérer la venue d'un enfant comme un « droit » de tout individu. Au contraire, l'Église catholique rappelle que tout enfant a « droit » à une famille, à un père et à une mère, idéalement ses parents biologiques, à défaut des parents adoptifs. Cela exclut l'insémination artificielle avec un donneur qui n'est pas le mari de la mère qui porte l'enfant. Cela exclut également le principe des mères porteuses d'un bébé pour autrui ou l'adoption d'un enfant par deux personnes de même sexe, car l'enfant a besoin à la fois d'un père et d'une mère.
Ce point est contesté aujourd'hui par certaines associations homosexuelles. Mais, pour l'Église, il n'existe pas de « droit des adultes à avoir un enfant ». L'enfant n'a pas pour but de combler le « désir d'enfant » d'hommes ou de femmes. Son « but » est de devenir lui-même et, pour cela, c'est lui qui a droit à un vrai papa et à une vraie maman.
Ce commandement voit plus loin que la simple préservation de l'équilibre d'une famille ou la volonté de maintenir l'ordre à la maison. Il implique le respect de tous ceux qui ont une position légitime d'autorité et qui l'exerce conformément à ce que l'on attend d'eux, que ce soit dans le domaine de la société au sens large, dans le domaine de l'éducation, dans l'armée ou au sein de l'Église. Les professeurs, les maîtres d'école, les officiers de police, les patrons d'entreprise, etc. ont des positions d'autorité et de responsabilité vis-à-vis d'autres personnes : cela mérite le respect à la fois de celui qui est investi de l'autorité et de celui qui est placé sous sa responsabilité. Il en va de même pour un élu politique : qu'on l'aime ou qu'on ne l'aime pas, que l'on partage ses idées ou non, une fois qu'il a été élu, il mérite le respect pour la charge qui lui est donnée à exercer au service de la collectivité. C’est à ce titre que les chrétiens ont pris l’habitude, dès son origine, de prier pour ceux qui nous gouvernent.
Pour les chrétiens, l'attitude de respect vis-à-vis des personnes qui ont une responsabilité dans la société n'est pas basée sur le « culte du chef » de triste mémoire, mais sur la conscience que la responsabilité du présent et de l'avenir leur incombe au titre spécial de leur foi, chacune œuvrant à sa place et devant être reconnue dans l'exercice de ses fonctions.
Dans le même ordre d'idée, ce commandement est aussi valable pour le respect et l'amour dus à son pays. Attention, il ne s'agit pas de défendre à tout prix n'importe quelle idéologie, législation ou pratique, mais d'aimer ses concitoyens et d'aimer son pays pour tout ce qu'il apporte ou devrait apporter, la paix, la sécurité et les moyens de subsistance à tous ses ressortissants. Il ne s'agit pas de suivre aveuglément n'importe quel homme politique ou leader qui revendique un chauvinisme étroit et exclusif.
Ce commandement est considéré par les catholiques comme le fondement du droit naturel de la famille et de l'État à former le socle sur lequel repose l'organisation de la vie en société. La famille est la cellule de base de la société, laquelle est composée de tout un ensemble de familles organisé au niveau local et national. La famille est également la base de la communauté de foi de l'Église, qui est la famille de Dieu et la communion de toutes les familles naturelles du monde entier.
Ce commandement, comme vous le voyez, est très important pour notre société d’aujourd’hui … Violer ce commandement, c’est mettre en péril notre famille, notre société, et même notre pays. Honorer son père et sa mère va bien plus loin, comme vous le voyez, que d’aimer son « papa » et sa « maman ». Il est le ciment et la base d’une société stable.
C’est bien pour cela qu’il est le premier des commandements concernant la vie des hommes entre eux. Des sept derniers commandement, il est de fait le plus important, car à la base de tout ! Puissions nous ne jamais l’oublier.
François est issu d'une riche famille marchande d'Assise, en Ombrie. À sa naissance, sa mère le fait baptiser sous le nom de Giovanni (Jean). De retour de son voyage en France où il a
fait de très bonnes affaires et en hommage à ce pays, son père, Pietro Bernardone, lui donne le nom de Francesco (françois = français), qu'il gardera et par lequel il sera universellement
connu.